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mon père... L'homme ensuite ce fut mon père Elle ne possédait nul autre bien que sa fille...



L'homme ensuite, ce fut mon père.

Veuve, grand-mère ne possédait nul autre bien que sa fille.
Les enfants représentent parfois de bien étranges monnaies d'échanges, une déesse entre les griffes d'une veuve c'est souvent la dernière occasion de se montrer(parader ?), présenter une impression de pouvoir. Ces affreuses rombières semblent et affirment aimer mais survivent étouffées d'hypocrisie, de rancoeur, elles jouent du masque du dépit à celui de la béatitude afin de cacher leur mépris de celles et ceux qui vivent, elles piègent bien des quartiers et brisent bien des coeurs...

La demoiselle était belle et son prénom claquait comme une rondelle de kiwi effleurant l'océan : *Gésa. Malgré ses quinze printemps elle rendrait d'aimables services, trouva le fils du pompier Minal. Un brave type concédait l'opinion publique, pas très intelligent, mais bosseur et sérieux. De bons bras rapportent plus qu'une tête trop remplie, on n'a jamais vu un cerveau arracher chou.
L'aimable jeune homme - il l'était... principale-ment hypocrite mais l'important étant de paraître, ces spécimens plaisent... le gendre idéal - serait présenté aide agricole avant la majorité de la jouvencelle.
Il ne patienta pas six ans avant d'engrosser son objet, et c'est ainsi que je quittais l'éternelle oisiveté de l'inexistence vers la terre; un arc-en-ciel ornait le petit bourg, un samedi de mai, le train vrombissait au loin.
Avec les honneurs dus à mon rang on célébra l'arrivée - celle-ci ne stupéfiant personne tant la rumeur se gaussait des ébats sexuels du pompido, de plus l'explosion démographique souhaitée impliquait l'abolition de quelques principes -, fils aîné, un jour le pouvoir me reviendrait.
Avant il m'importerait de recevoir l'éducation et la religion de la région. A six ans, je devins donc écolier et assidu au catéchisme; avant, nul souvenir.
Cruelle mémoire, pourquoi me refuses-tu l'accès aux vérités des premières années ?

Comme à un enfant spontané, se présente une famille : *un père, une mère, une grand-mère, le portrait de grand-père.

Un ensemble d'individus en harmonie, où le rôle de chacun est défini, encadré, où l'attitude résulte du rôle, où la réaction est la récitation d'une obligation.
Un groupe indissociable, scellé par les lois du silence et de la soumission automatique au chef.

Père, grand et fort, on disait beau.
Mère, grande et belle, on disait faible.
Grand-mère, cloisonnée derrière un pathétique mutisme, l'air absente, un sourire aux lèvres simplement quand je lui réclamais ou lui donnais un bisou.

A côté du tableau se mouvaient :
La bonne, Ana, polonaise et ravie de son sort.
Un oncle, que je devais appeler tonton André - le monstre prenait plaisir à me maintenir la tête contre sa barbe, véritable champ de cactus, durant si longtemps qu'à peine la douleur disparue il fallait lui dire au revoir.
Le monde entier est un cactus, il est impossible de s'asseoir, dans ma vie, il y a.
Une tante, douce, Tata Léonie, parlait peu mais son sourire dépassait en splendeur l'or des bouquins.
Les cousins, au garde-à-vous face à l'emprise héréditaire. Acceptaient l'ignoble.
Les voisins, méprisés ou amadoués suivant la nécessité.
On aime rarement les gens relativement à leurs qualités, encore moins pour leurs défauts - je t'Aime comme tu es, conscient de tes limites, tes imperfections, j'Aime ces petites tares qui me foutaient le cafard... - mais pour ce qu'ils nous montrent ou nous apportent.

Devant le regard, l'écorce supplante la sève.

Ils rendent service, sans contrepartie... les meilleurs ou les pigeons...
Ils se serraient la dextre et s'égayaient d'un rouge ou un demi, se racontant les histoires de la guerre, de leur père, de leurs terres. S'injuriant pour quelques grains de blé, un oeuf cassé ou une borne déplacée.
Tous semblables, aspirés par la même force, le même espoir flatterait une carte postale. Son voisin drainait sa haine et sa colère, bouc émissaire providentiel. Car ils souffraient aussi ces fiers croquants, sans l'avouer, de ce mal invisible qui s'insinue en vous quand s'affrontent l'inconscient lucide de l'inutilité d'un tel passage et le conscient figé par le non-dit, le poids des traditions, des abandons.
L'entaille du bonheur perdu, ces rêves de jeunesse niés et raillés.
S'ils ne s'occupent pas des enfants, les abaissent à la chose, avant que ces derniers égarent leur puérilité, c'est simplement par peur de croiser les graines d'insouciance dont ils conservent le vague souvenir. En additionnant les cuites et les enjeux superficiels, ils se redonnaient le courage de continuer.
Ainsi les élections garantissaient une impression d'importance et de pouvoir, leur offrant pulsion et ardeur, un jour la mairie nous reviendra, fiston.


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